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Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika à l’occasion du 62e anniversaire de la Journée nationale de l'étudiant (19 mai 1956). (EL MOUDJAHID, 19/05/2018)


Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a adressé, samedi à l’occasion du 62e anniversaire de la Journée nationale de l'étudiant, (19 mai 1956), un message, dont voici la traduction du texte intégral :

«Mesdames, Messieurs,

C’est avec une immense fierté que nous célébrons aujourd’hui la journée nationale de l’Etudiant que l’Algérie a érigé en tradition pour commémorer une autre glorieuse page de notre lutte pour l’affranchissement du joug colonialiste.

Cette date est pour la nation algérienne l’occasion de témoigner toute sa reconnaissance et sa gratitude à ces étudiants et lycéens qui mus par un nationalisme plus fort que leur soif de savoir, ont fait prévaloir la dignité et la liberté de l’Algérie, en décidant le 19 mai 1956, de quitter les bancs de l’université et du lycée pour rejoindre, en moudjahidine, les rangs de la Révolution, à travers les quatre coins du pays, pour la libération de la patrie de l’oppression coloniale.

Ils ont abandonné les classes et les plumes pour les maquis et les armes en réponse à l’appel du devoir national, résolus et déterminés, à mettre fin à l’ère de l’oppression, de l’injustice, des tortures et de l’exploitation auxquels a été soumis leur peuple. Leur sursaut a été un tournant décisif dans le processus de la Révolution grâce à leur apport en connaissances et compétences scientifiques, leur lutte et leur bravoure au champ d’honneur et leurs performances aux plans diplomatique, politique, médiatique et culturel.

Ce soulèvement révolutionnaire des étudiants algériens, avec autant de détermination et de ténacité et sans se soucier de ses conséquences sur leurs intérêts personnels, est l’illustration éloquente du degré de leur nationalisme, maturité politique et profonde conviction des valeurs d’honneur et de grandeur. Avec ferveur, ils ont rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) et intégré la lutte armée dans les villes et les campagnes, sacrifiant leurs études, leurs ambitions et aspirations personnelles car profondément convaincus qu’une vie de dignité et de fierté était incompatible avec la soumission et l’asservissement et que le sentiment d’appartenance à la patrie passait par l’accomplissement du devoir pour le recouvrement de sa liberté et de sa souveraineté, quel qu’en soit le sacrifice.

Nous nous inclinons, aujourd’hui, avec respect et révérence à la mémoire de ces enfants de l’Algérie, étudiants ou lycéens, tombés en martyrs au champ d’honneur ou sous la torture d’un colonialisme brutal pour que vive l’Algérie et pour que son peuple profite de la liberté et de l’indépendance.

Mesdames, Messieurs,

La célébration, le 19 mai de chaque année, de la journée nationale de l’Etudiant, nous l’avons voulue une commémoration de la mémoire de tous ces valeureux jeunes et une source de fierté et d’inspiration pour les générations, présente et future, contribuant àl’approfondissement de l’amour de la patrie et de l’attachement à son unité et sa souveraineté.

Les étudiants d’aujourd’hui savent, tout autant que ceux d’hier, comment puiser de ces valeurs, auxquelles leurs prédécesseurs ont cru, pour concrétiser les espoirs fondés sur eux et bâtir un présent et un avenir de prospérité et de stabilité. Ils savent que la préservation de l’Algérie est un devoir pour tout un chacun et que la seule voie d’y parvenir est l’acquisition du savoir et l’abnégation et le dévouement dans sa matérialisation sur le terrain pour lui permettre de bénéficier, elle aussi, des sciences et des connaissances modernes et d’occuper la place qui lui sied dans le concert des Nations.

Et c’est ainsi que sera concrétisé le rêve des chouhada et l’esprit de la Déclaration du 1er Novembre 1954.

Mesdames, Messieurs,

En cette date historique, l’Algérie se doit de méditer son parcours dans le domaine de la diffusion des sciences et du savoir depuis le recouvrement de la souveraineté nationale. Avec à peine 500 étudiants en 1962, notre pays compte, aujourd’hui, près de deux millions d’étudiants et d’étudiantes à travers des universités, des centres universitaires et des écoles supérieures dans toutes les wilayas. Et alors que le nombre des enseignants universitaires ne dépassait pas les dix au lendemain de l’indépendance, l’Algérie recense, à présent, quelque 100.000 enseignants et assistants encadrant nos structures universitaires dans toutes leurs configurations.

Parallèlement, l’Algérie veille à assurer des œuvres universitaires à la majorité de ses étudiants et étudiantes et à mobiliser des milliards de dinars annuellement pour le financement de la recherche scientifique au niveau universitaire.

A travers cette évaluation succincte, nous tenons à saluer les générations de diplômés de l’université algérienne, tout au long des décennies, pour leur contribution qualitative à l’édification de l’économie nationale et à l’encadrement de l’Etat algérien contemporain et leur apport dans l’édification d’une Armée nationale populaire, moderne dans ses méthodes et capacités et fidèle à l’esprit et à la lettre de l’Armée de libération nationale (ALN).

En effet, si l’Algérie a connu un saut qualitatif dans sa construction et son développement grâce aux bras de tous ses enfants, nous devons reconnaître également le rôle prépondérant de l’élite intellectuelle, promue de l’université algérienne.

Mesdames, Messieurs,

Comme toutes les haltes historiques exigent de méditer l’exemple des prédécesseurs et d’en tirer des messages à l’adresse des générations futures, je voudrai à l’occasion de la journée nationale de l’étudiant, adresser quelques uns aux étudiants de notre pays.

Le premier est celui de saisir l’opportunité que leur offre leur pays d’acquérir le savoir en veillant à ne perdre aucun moment de leur parcours estudiantin au service de l’avenir de leur pays.

L’école et l’université ne sont ni un terrain de conflits, ni un espace d’intérêts, d’idéologies ou de compétition politique. Tout un chacun doit respecter le campus universitaire d’autant qu’il s’agit de l’avenir de nos générations futures. Nos étudiants et étudiantes parmi les différentes couches de notre peuple doivent rendre, aujourd’hui, grâce à Dieu pour ce que l’Algérie a pu leur assurer dans un contexte difficile et contribuer, par leur abnégation, à préparer de meilleures conditions aux promotions suivantes dans une Algérie qui réalise davantage de progrès. C’est là, le propre de la succession des générations au service de la patrie, partant des générations de la libération à celles de l’édification.

Mon deuxième message à nos enfants, étudiants et étudiantes, est un appel à la sacralisation du travail en vue de répondre aux besoins de notre pays dans tous les domaines et garantir son développement continu.

De nombreux domaines économiques, tel que l’agriculture et l’industrie par exemple, sont en quête de compétences et de connaissances alors que nous enregistrons, avec regret, l’existence du chômage dans les rangs de nos diplômés universitaires. Mettons, donc, à profit tout le potentiel de notre système de formation pour offrir à ces diplômés universitaires des opportunités du recyclage, à l’instar des autres pays du monde.

Mon troisième et dernier message, je l’adresse à ceux qui sont en charge de notre système universitaire.

Autant nous sommes en droit de nous enorgueillir du niveau atteint par l’université algérienne en termes de progrès qualitatif et de contribution efficiente de ses diplômés au développement du pays, autant nous devons veiller à mettre notre université au diapason de l’évolution accélérée des sciences dans le monde d’aujourd’hui. Nous disposons de suffisamment de structures et d’encadrement pour nous fixer comme objectifs légitimes, l’intégration davantage de technologies, la promotion des branches des sciences exactes, l’ouverture sur les langues étrangères et la coopération avec les autres universités du monde pour garantir à l’université algérienne une place dans ce nouveau siècle.

Certes, des voix pessimistes et subversives s’élèvent, de temps à autre, pour dénigrer injustement l’université algérienne et ses résultats humains, mais la meilleure réponse à leur apporter est la place qu’occupent les nombreux diplômés de nos universités, qui ont fait le choix de l’émigration, dans les pays occidentaux

Mesdames, Messieurs,

Ma conviction est que la génération d’aujourd’hui est le prolongement naturel des générations d’hier et que ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance, la liberté et gloire de l’Algérie, en abandonnant les bancs des études, se comptent aujourd’hui par milliers dans l’Algérie indépendante.

Cette conviction est confortée par la preuve palpable qu’a fournie la jeunesse algérienne, y compris des étudiants universitaires, durant la tragédie nationale à travers de lourds sacrifices pour que l’Algérie demeure debout, indépendante et unie de nouveau grâce à la Réconciliation nationale.

Je saisis cette occasion pour exhorter nos étudiants et étudiantes à s’inspirer de ces glorieux aïeux et héros pour se mobiliser, à leur tour, afin d’acquérir le savoir et contribuer à l’édification continue de l’Algérie de la fierté et de la dignité".

Journée Internationale du vivre ensemble en paix: Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. (APS, 16/05/2018)


Chères citoyennes, Chers citoyens,

Aujourd'hui l'Algérie, à l'unisson avec le reste du monde, célèbre, pour la première fois, la "Journée Internationale du vivre ensemble en paix". Dans notre pays, cette célébration prend une dimension toute particulière pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, c'est parce que l’Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé le 8 décembre dernier cette journée du vivre ensemble en paix, grâce à l’initiative de l’Association Internationale Soufie Alawiyya, l’ONG présidée par Cheikh Khaled Ben Tounès, avec le soutien de son pays l’Algérie.

Cette proclamation traduit la reconnaissance, par la communauté internationale, des efforts consentis patiemment et avec succès par notre pays en faveur de la promotion de la culture de la paix, du dialogue, du respect mutuel et de la tolérance entre ses propres citoyens.

En second lieu, cette initiative est portée par des valeurs morales, culturelles, sociales et humaines auxquelles notre peuple modéré est foncièrement attaché. Elle exprime tout autant le fort engagement de notre peuple pour que ces valeurs universelles prennent la place qui doit être la leur dans les relations entre les Nations et les peuples du monde entier.

En troisième lieu, cette proclamation représente un engagement de notre pays ainsi que la volonté de la communauté internationale à œuvrer davantage à la promotion de la culture de la paix et du dialogue tant au sein des sociétés qu'entre les Nations, ceci à un moment où les lignes de rupture et les facteurs de division se multiplient.

Face aux théoriciens de la confrontation civilisationnelle, face aux partisans des logiques de l'exclusion, face aux promoteurs de l'extrémisme et des violences multiformes qui en découlent, dont le repli sur soi, le rejet et l'infériorisation de l'autre, la discrimination sous toutes ses formes, et malheureusement la phobie du musulman en particulier, notre pays a constamment prôné la promotion du dialogue, de l'entente et de la coopération entre les religions et les cultures, puisant pour cela ses références dans les enseignements de notre sainte religion l’Islam, la religion qui prône la paix et la coexistence ainsi que le montrent des siècles d’histoire de l’humanité, à travers les continents.

C'est partant de ces nobles valeurs de l’Islam, religion du peuple et de l’Etat en Algérie, que notre valeureux peuple a su surmonter sa tragédie nationale marquée par un terrorisme barbare et abject que notre pays a affronté seul et isolé grâce à la détermination souveraine de son peuple à travers son choix de la paix et de la concorde civile. Ce choix généreux a trouvé sa source dans les valeurs de l’Islam qui appelle les hommes à se réconcilier, à unir leurs énergies et à conjuguer leurs efforts et leurs espoirs autour de la réalisation du seul objectif qui vaille la peine, celui du renforcement de l'unité nationale, de la consolidation de la cohésion de notre peuple, de la protection de notre souveraineté nationale et de la construction, ensemble dans une démarche solidaire, d'une Algérie moderne à laquelle chacune et chacun d'entre nous est fier d'appartenir.

Chères citoyennes, Chers citoyens,

C'est à ce chapitre qu'il convient d'inscrire la définition constitutionnelle, avec clarté et précision, des composantes de l'identité nationale que sont l'Islam, l'Arabité et l'Amazighité et la nécessité de les soustraire aux exploitations politiques et politiciennes, la promotion de politiques économiques, sociales et culturelles mues par l'exigence d'inclusivité et de justice sociale, ainsi que des stratégies de développement du territoire guidées par une répartition équitable des chances, de la richesse nationale et de la prospérité ainsi générée.

C'est cette voie même qui constitue notre choix et qui fait que nous avons inscrit la dynamique de promotion de notre jeune démocratie en ce qu'elle contribue à ancrer dans les esprits et dans les comportements des hommes comme des institutions les valeurs intrinsèques du vivre ensemble, par le renforcement de l'Etat de droit, le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

C'est à ce chapitre que s’inscrivent aussi les importantes avancées enregistrées par notre pays dans la promotion des droits et du statut de la femme au sein de notre société et du rôle déterminant qui reste le sien autant dans la protection de la cohésion sociale et nationale, que dans la transmission des valeurs fondatrices qui soudent la Nation algérienne depuis des millénaires.

C'est à ce chapitre, enfin, qu'il faut inscrire la profonde réforme du système éducatif national, dont le rôle dans la formation du citoyen enraciné dans l’histoire millénaire de son pays, ancré dans les valeurs authentiques de son peuple, du citoyen attaché au travail et au sacrifice pour préserver l’indépendance de son pays et construire son avenir prospère. L'école algérienne est aujourd'hui appelée à essaimer davantage les valeurs du vivre ensemble en paix parmi les millions d'élèves.

Chères citoyennes, Chers citoyens,

Au plan international, partant de ce même socle, et fort de la justesse de ses convictions, notre pays a joint ses efforts à ceux d'autres pays pour que prévale entre les peuples la culture de la paix, de la solidarité, de la tolérance et du dialogue.

C'est dans cet esprit que notre pays a été parmi les tout premiers à militer pour le renforcement du dialogue des civilisations, des cultures et des religions et en faveur de la promotion de la culture de la paix, participant ainsi activement à amener la communauté internationale à affronter, de plus en plus, les fauteurs de conflits et de discorde entre les peuples.

Ainsi, l’Algérie n’a cessé, sur le plan international, de promouvoir les principes, les idéaux et les objectifs de la charte onusienne dans les relations internationales, et ce aussi bien dans le règlement des conflits politiques que dans l’instauration de relations économiques plus équilibrées.

A ce propos, notre peuple peut s’enorgueillir de l’appel précurseur de son pays, voilà cinq décennies, pour un dialogue mondial visant à fonder des relations économiques plus équitables et plus intégrées entre les pays développés et les peuples moins nantis lors d’une assemblée générale extraordinaire convoquée par l’ONU.

L'action de l'Algérie en direction de son voisinage immédiat et de l'ensemble de ses partenaires a toujours été guidée par les principes de paix, de coexistence, de coopération et de bon voisinage.

Chères citoyennes, Chers citoyens,

Au moment où le monde entier va célébrer ce 16 Mai 2018, pour la première fois depuis la proclamation de ce jour "Journée Internationale du vivre ensemble en paix", notre pays tire une légitime satisfaction d'avoir initié cette action qui s'inscrit dans la durée et vise à créer pour nos générations futures, et par elles-mêmes dans un avenir proche, un monde meilleur fondé sur la tolérance, le respect mutuel dans la différence, la diversité et la solidarité.

Notre peuple devra persévérer dans la promotion de la culture de la paix et du vivre ensemble en redoublant d’effort et de constance à l’intérieur de notre pays, de manière palpable, à travers la valorisation du civisme, du travail et de l’amour de la patrie.

A travers un comportement digne, nous serons à même de défendre la véritable image de notre religion, l’Islam, et de notre patrie, sur la voie de la construction, de la prospérité et de la fidélité à nos glorieux martyrs.

En conclusion de ce message, je m’adresse aux enfants de notre peuple, où qu’ils se trouvent en Algérie ou à l’étranger, pour leur présenter mes vœux les meilleurs à l’occasion du mois sacré du Ramadan, en priant Le Tout Puissant d’agréer leur jeûne et de leur accorder santé et bien-être ainsi qu’à la nation musulmane tout entière.

Journée mondiale de la liberté de la presse: Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. (APS, 02/05/2018)


"Au nom d'Allah Clément et Miséricordieux,

Que les prières et la paix d'Allah soient sur Son Messager,

Mesdames, Messieurs,

L'Algérie s'est accoutumée à célébrer, avec l'ensemble des pays du monde, cette Journée mondiale de la liberté de la presse dans le recueillement, l'enthousiasme et la fierté.

Des sentiments de recueillement à la mémoire des Chouhada de la Glorieuse révolution de Novembre parmi les hommes de la presse, dont certains tombés en martyrs sous d'abominables tortures du colonialisme, pour crier haut et fort le droit du peuple algérien à la liberté et à l'indépendance.

Nous nous inclinons, également, en cette journée, à la mémoire des martyrs du devoir national parmi la famille de la presse, dans toute sa composante, fauchés par le terrorisme abject durant des années d'épreuves et de tragédie nationale.

Comment ne pas accueillir la Journée mondiale de la Liberté de la presse dans l'enthousiasme alors que l'Algérie a, tout au long des siècles, été un pays de lutte pour la liberté. Un pays dont le peuple vénère sa liberté et ses droits et défend la liberté et les droits de tous les opprimés dans le monde.

Elle accueille cette Journée mondiale de la Liberté de la presse avec la fierté d'être dans le peloton des pays qui respectent les droits de cette noble profession et ne ménagent aucun effort pour sa promotion.

Oui, l'Algérie peut s'enorgueillir de la dépénalisation du délit de presse et elle peut aussi se targuer de ne compter aucun journaliste incarcéré en raison de l'exercice de sa mission d'information.

L'Algérie est également en droit de s'enorgueillir de la constitutionnalisation de la liberté de la presse écrite et audiovisuelle, et même sur les réseaux d'information, loin de toute restriction ou toute forme de censure préalable. Une Constitution qui garantit la diffusion des informations, des idées, des images et des opinions en toute liberté et dans le respect des constantes et valeurs de la nation et des droits de la personne.

Elle peut être fière, en cette Journée mondiale de la presse, de la formation de milliers de ses enfants dans ce noble métier à travers les différents instituts universitaires et de tout l'appui qu'elle apporte à l'extension de la sphère des médias, aussi bien la presse écrite à travers les imprimeries publiques, que télévisuelle par la facilitation de la création des chaines privées que radiophonique à la faveur de plus de 50 stations publiques, nationale et locales.

A cet égard, nous nous félicitons du lancement du satellite de télécommunications, Alcomsat-1, venu couronner toutes ces réalisations et qui permettra, avec l'aide de Dieu, de conférer davantage de modernité et de diffusion en matière d'Information nationale.

Mesdames, Messieurs,

La presse algérienne s'est toujours distinguée par son patriotisme et son militantisme. Elle a commencé avec le Mouvement national revendiquant, pendant des années, le droit légitime de notre peuple à l'indépendance et à la souveraineté.

Ce militantisme s'est poursuivi durant la Glorieuse révolution de Novembre grâce à de vaillants moudjahidine, combattants de la plume à travers le journal "El Moudjahid" et l'agence d'information "Algérie presse service".

Et c'est avec la même ferveur et sens élevé du patriotisme que les médias algériens ont accompagné, après l'indépendance, les chantiers de la construction et de l'édification. Des chantiers qui ont assis l'Etat algérien indépendant, jeté les jalons du développement économique et social à travers tout le territoire national et porté haut et fort la voix de l'Algérie dans les fora internationaux, avec mérite et professionnalisme.

La presse nationale a dû répondre, encore une fois, au devoir de la résistance et du sacrifice tout au long d'une décennie de tragédie, de destruction et de terrorisme sauvage. Une décennie qui a enregistré une centaine de martyrs, parmi les hommes et femmes des média, morts pour leur engagement au côté de notre peuple pour la sauvegarde de l'Algérie.

Mesdames, Messieurs,

Grâce aux sacrifices de notre peuple, et par la bénédiction du Tout-Puissant qui nous a guidé sur le chemin de la Concorde et de la Réconciliation nationale, l'Algérie a renoué, depuis deux décennies, avec la paix et la stabilité et repris la reconstruction et la concrétisation des aspirations de notre valeureux peuple dans les domaines économique, social, culturel et politique.

Dans ce climat, la presse algérienne a connu un essor avec la parution de plus de cent titres de presse écrite, plus de dix chaines de télévision en plus de la numérisation de l'audiovisuel et nous demeurons déterminés à aller de l'avant dans tous ces domaines.

Par ailleurs, la presse nationale a accompagné le retour de la vie politique après une restriction imposée par la terreur et l'assassinat durant la tragédie nationale.

La pluralité et la dynamique des partis politiques, le renouement du pays avec les échéances électorales régulières et le retour au débat politique, parfois houleux, constituent un processus politique que la presse, dans toute sa composante, a accompagné et donné ainsi à la vie démocratique davantage de rayonnement.

Dans ce domaine, nous avons veillé à travers le dernier amendement constitutionnel à ouvrir davantage le champ devant les média nationaux en vue de consolider son rôle actif dans tous les aspects de la vie nationale.

Oui, l'Algérie mise sur ses média face aux multiples défis auxquels elle est confrontée au plan interne et à d'autres qui la menacent au plan extérieur, à l'instar de plusieurs pays dans le monde. En évoquant tous ces défis, je voudrais souligner, à l'adresse de la famille de la presse nationale, quelques domaines où elle est appelée à avoir un rôle noble et une contribution pertinente et efficace.

Mesdames, Messieurs,

L'Algérie est en droit d'attendre de sa presse nationale de contribuer en force à la vulgarisation de sa véritable image hors de nos frontières.

Le monde d'aujourd'hui, dont les grands sont avides de domination, n'accepte pas facilement les Etats et les peuples attachés à leur liberté et à leur indépendance de décision. Ils sont alors exposés à des campagnes de diffamation, voire à des tentatives de déstabilisation par la fomentation de dissensions, de crises et de problèmes de manière à leur faire accroire que la seule issue est de solliciter leur protection.

L'Algérie qui se distingue par cette indépendance de décision et de choix a pâti de la calomnie et a été ciblée par une déstabilisation de ses fondements. La menace est aujourd'hui plus grande avec le développement de l'information électronique, qui ne connaît pas de frontières et qui parvient directement à tout un chacun.

Avoir des divergences de vues et d'opinions à l'intérieur de notre pays est quelque chose de normal et de naturel, c'est la base même de la démocratie pluraliste, mais lorsque l'Algérie, notre seule et unique patrie, est en jeu, nous devons nous unir et parler d'une seule et même voix.

Mesdames, Messieurs,

Le deuxième objectif à la concrétisation duquel j'exhorte la presse nationale porte sur le changement des mentalités dans notre société et la réforme substantielle en vue de relever les défis de l'heure à tous les niveaux.

Certes, nous demeurerons constants dans nos principes nationaux de justice sociale, dans le souci de garantir l'équilibre régional en matière de développement et dans l'attachement à toutes les composantes de notre identité nationale. Cependant, notre société doit progresser davantage vers la sacralisation du travail, la performance économique, la réhabilitation du civisme et la vulgarisation des valeurs de la modération et du juste-milieu.

Des objectifs dont la concrétisation passe par l'explicatif, le débat et l'argumentaire, autant d'entreprises qui requièrent, de la presse écrite, audiovisuelle et électronique un rôle plus efficient.

Mesdames, Messieurs,

Si la presse nationale est tenue d'assumer un rôle important dans la promotion de l'image de l'Algérie et dans l'accompagnement de la société sur la voie du changement et de la réforme, ses hommes et ses femmes sont appelés, en outre, à jouer un rôle de contrôle et de gardien vigilant pour relever toutes les insuffisances affectant nos affaires publiques et parfois notre quotidien, un rôle qui encourage les réformes, contribue à rectifier la situation et exiger même des comptes, le cas échéant.

En effet, le poids et la multiplicité des tâches relevant des différents démembrements de l'Etat peuvent conduire fatalement à quelques erreurs ou connaitre des insuffisances. Toutefois, porter de telles réalités à l'opinion publique par la presse nationale, surtout lorsque l'honnêteté et la probité sont observées, est en soi une part importante du travail à faire pour corriger et améliorer les situations.

C'est pourquoi, j'appelle l'ensemble de nos média à prendre en charge cet aspect de leur noble mission.

En somme, j'ai veillé à mettre en avant le rôle central de la presse nationale dans tous les chantiers et face aux défis qui se posent à notre pays.

Notre peuple est en droit de bénéficier de l'apport de la presse nationale à ces chantiers et aux efforts visant à relever ces défis de même que nous sommes, peuple et Etat, en droit de nous enorgueillir du progrès et de la modernisation atteints par notre presse nationale, dans toute sa composante.

Je conclurai en vous réitérant, hommes et femmes des média, mes encouragements et ma considération en vous souhaitant, individuellement et collectivement, succès et réussite".

Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika à l’occasion du 1er mai, Fête internationale du travail. (APS, 01/05/2018)


«Au nom d’Allah Clément et Miséricordieux, Que les prières et la paix d’Allah soient sur Son Messager,

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à adresser, tout d'abord, mes salutations chaleureuses et mes félicitations fraternelles à l'ensemble des travailleuses et travailleurs, à l'occasion de notre célébration de la Fête internationale du Travail.

La célébration de la Fête internationale du Travail est une halte importante pour les travailleurs du monde entier, de par ce qu'elle porte comme significations et objectifs qui diffèrent en fonction des époques et des pays.

À l'émergence de cette ère de lutte (ouvrière) dans les pays développés, les travailleurs de l'Algérie souffraient, comme le reste de notre peuple, des affres du colonialisme destructeur et de l'oppression et de l'exploitation des potentialités humaines et matérielles de notre pays au service de l'économie coloniale.

Aussi, était-il évident de voir les travailleurs algériens, aussi bien en exil que dans le pays, à l'avant-garde du mouvement national de revendication de l'indépendance de la patrie, et de voir la classe des ouvriers au cœur de la Glorieuse révolution de Novembre, la révolution des opprimés pour le recouvrement de tous les droits.

Aujourd'hui, nous célébrons, avec déférence et humilité, la lutte menée par les travailleurs et travailleuses pour la libération de la patrie. Des travailleurs qui étaient à l'avant-garde de l'épopée de la Glorieuse Révolution de Novembre et qui ont consenti d'énormes sacrifices et un grand nombre de martyrs, dont Aïssat Idir est le symbole.

Mesdames, Messieurs,

Au lendemain de l'indépendance, les travailleurs et travailleuses ont été le pilier et le moteur de l'édification de l'État national.

Souvenons-nous de l’ampleur des défis qui se posaient à notre peuple, les deux premières décennies de l’indépendance, lorsque nous avions commencé à poser les fondements de notre Administration nationale, lorsque nous nous préparions à sortir du néant la première fournée de nos usines, mieux encore lorsque nous avions procédé avec audace et conviction, à la nationalisation de nos hydrocarbures.

Il est vrai que l'Algérie a réussi à relever ces défis, grâce à la clairvoyance de sa Direction de l'époque, entièrement composée de nos moudjahidine, les artisans de la Révolution. Mais, force est de constater que cette réussite a été aussi le fruit de la mobilisation et de la détermination des travailleurs et travailleuses, particulièrement dans les moments difficiles.

Cette étape a laissé des enseignements fondamentaux, desquels nous devons aujourd'hui puiser le nationalisme et la mobilisation sincère, pour relever toutes sortes de défis.

Les travailleurs ont confirmé encore leur fidélité à ces mêmes valeurs lorsque le devoir national a appelé à la sauvegarde de la République, de ses acquis et de l'indépendance nationale.

Je saisi cette occasion pour m'incliner à la mémoire des martyrs du devoir national durant la tragédie nationale et leur résistance pour que l'Algérie demeure débout. Le chahid Abdelhak Benhamouda est l'un des grands symboles de ces valeureux nationalistes, qui ont sacrifié leur vie pour l'Algérie.

Mesdames et Messieurs,

Une fois que l'Algérie s'est rétablie, grâce à la Concorde civile et à la Réconciliation nationale, nous avons mis à profit cette bénédiction pour lancer le chantier de la reconstruction nationale, un chantier que nous avons inscrit dans l'esprit de la Déclaration du 1er Novembre 1954 et ses objectifs consistant en l'édification d'un État démocratique à dimension sociale conforme aux principes islamiques. Un État dont la devise est fierté et dignité pour tous les Algériens et Algériennes.

Nul ne peut, aussi ingrat et aussi injuste soit-il, nier les réalisations de l'Algérie, ces deux dernières décennies, dans tous les domaines du développement et de réformes.

Au plan politique, la consolidation de notre système démocratique pluraliste et la promotion des droits et libertés ont été couronnées par l'amendement constitutionnel de 2016. Dans le domaine social, l'Algérie a rattrapé les retards cumulés du fait des crises multiformes. Ainsi, nous avons réalisé des millions de logements et avons considérablement réduit le chômage, qui est loin aujourd'hui de son taux alarmant du début de ce siècle, et nous continuons nos efforts pour l'amélioration de ces résultats.

L'Algérie a progressé également dans le domaine de l'éducation et de l'enseignement, ainsi qu'en matière de prestations sociales, d'amélioration du niveau de vie de la population et de renforcement de sa classe moyenne.

Dans le domaine économique, notre pays a enregistré, au cours des deux dernières décennies, un saut qualitatif dans le perfectionnement de nos capacités agricoles, la création de centaines de milliers de moyennes entreprises et la consolidation de nos infrastructures de base. De même que le revenu global du pays a augmenté et la croissance économique est en constante évolution, même si son taux demeure insuffisant.

Le mérite de toutes les réalisations accomplies par l'Algérie, ces dernières années, revient en premier lieu à nos travailleurs et travailleuses dans les chantiers, les fermes et les bureaux, et dans l'ensemble des sites de construction et d'édification.

Hommage, encore une fois, à toutes les travailleuses et travailleurs de l'Algérie pour leur effort et participation à l'édification économique et le développement de notre jeune pays par rapport à d'autres pays émergents.

Nous devons également souligner les résultats du progrès économique et social atteint par l'Algérie, tout au long de ces dernières années, et leur répartition au profit de la société partant de notre attachement au caractère social de l'État.

Outre la création de postes d'emploi et l'amélioration des conditions de vie en matière de logement, d'enseignement et de prise en charge sanitaire, l'État veille à apporter un grand soutien aux prix d'un nombre important de besoins de première nécessité et de prestations sociales, un soutien représentant dans ses différentes formes plus de 30 milliards de dollars annuellement.

Mesdames et Messieurs,

Le processus d'édification nationale, que nous avons enclenché après le rétablissement de la paix et de la sécurité, est confronté, depuis quelques années, aux effets des fluctuations de l'économie mondiale et de la chute des prix du pétrole. Des répercussions qui induisent une baisse des capacités financières de l'État et qui nous interpellent quant à notre dépendance excessive, à ce jour, aux hydrocarbures.

J'ai tenu, face à cette situation, à ce que notre processus de développement ne soit pas arrêté ou remis en cause, et veillé au maintien des principes de notre politique sociale.

En dépit de ces difficultés, l'État poursuit la dépense dans les domaines social et culturel, la réalisation des infrastructures de base et des logements, et l'encouragement de l'investissement par des avantages importants au dépend des revenus du Trésor public. À ce titre, notre conviction est grande en nos potentialités économiques qui requièrent de nous davantage de réformes, de rationalisation de nos méthodes et de mobilisation de nos capacités. Quant aux réformes, nous nous attelons à la concrétisation d'un ambitieux programme cautionné par le peuple dans ce domaine.

Les difficultés financières actuelles de l'Etat sont devenues un facteur incitant à davantage de bonne gouvernance et de rationalisation des dépenses publiques, et j'y veillerai personnellement. À nous de faire émerger le large potentiel économique de notre pays dans tous les domaines afin de renforcer les conditions de vie de notre peuple, donner à notre pays le droit aux échanges économiques internationaux, et réduire la dépendance de l'Algérie aux hydrocarbures. Face à tous ces défis, l'Algérie dispose d'un cadre tripartite de dialogue et de complémentarité des efforts entre l'État, les travailleurs et le patronat. Un cadre qui s'est cristallisé à travers la charte de partenariat économique et sociale. Une charte dont les avantages ont été salués par les instances internationales du monde de travail, appelant à en faire un modèle pour les autres pays. Aujourd'hui, et à l'occasion de la célébration de la Journée internationale du Travail, j'exhorte les signataires du Pacte économique et social à un sursaut pour travailler ensemble au service de l'Algérie et de la prospérité de son peuple.

J'appelle ici le Gouvernement à continuer à associer ses partenaires économiques et sociaux à la mise en œuvre de leur pacte commun, à la promotion des réformes et à la relance du développement économique et social.

J'appelle également le partenaire économique à davantage de mobilisation, étant donné que l'entreprise économique est le levier essentiel de l'économie et l'instrument par excellence pour améliorer la qualité, gagner la compétitivité et ouvrir à notre produit économique les marchés internationaux.

Je m'adresse aux travailleurs et travailleuses les appelant à plus de mobilisation pour parfaire la performance et remporter la bataille du développement dans le contexte d'une impitoyable concurrence mondiale.

Nos travailleurs et travailleuses peuvent s'enorgueillir des résultats réalisés en termes de développement du pays, et ils sont en droit d'aspirer à davantage d'acquis sociaux.

J'appelle les partenaires du Pacte économique et social de croissance à faire prévaloir le dialogue sérieux et constructif afin de surmonter tous les conflits dans le cadre de la loi, en tenant compte de la difficulté de la conjoncture financière que traverse le pays, une difficulté qui touche également à de nombreuses entreprises économiques.

J'invite la Tripartite à mettre à profit ce dialogue pour la promotion de l'intégration et de l'efficacité au service la continuité de notre processus national d'édification de l'Algérie de la fierté et de la dignité, une Algérie qui viendra, par l'aide du Tout-Puissant, à bout de ses difficultés financières actuelles, une Algérie qui continuera à améliorer les conditions de vie de tous ses citoyens, sans exclusion aucune, une Algérie qui demeurera fidèle au caractère social de notre État.

J'aimerais en fin réitérer mes félicitations à mes frères et soeurs Travailleurs, à l'occasion de leur fête, leur souhaitant la réussite dans leur vie et la prospérité et la stabilité à notre chère patrie.»

Assises nationales de l'agriculture: message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, (Texte intégral). (APS, 23/04/2018)


ALGER- Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a adressé, lundi, un message à l'occasion des Assises nationales de l'agriculture, dont voici la traduction du texte intégral.

"Mesdames, Messieurs,

C'est pour moi un réel plaisir de m'adresser à vous, communauté des agriculteurs participant à ces Assises aux côtés d'une pléiade d'experts et de compétences nationales.

Comment en serait-il autrement alors que notre campagne a été, au fil des siècles, le creuset de toutes les mobilisations nationales depuis l'opposition aux envahisseurs jusqu'à la glorieuse Révolution du 1er Novembre en passant par les mouvements de résistance contre le colonialisme français.

Parler de la campagne et de l'agriculture dans notre pays ne peut être limité au seul aspect économique. C'est, en effet, une occasion de réaffirmer la reconnaissance de l'Algérie, peuple et Gouvernement, envers la campagne et ses honorables familles qui ont porté la Révolution à bras le corps, renforcé ses rangs et enduré avec courage la répression du colonialisme barbare pour la patrie et la liberté. Cette même campagne qui a souffert également des affres du terrorisme abject et des épreuves de la tragédie nationale.

Mesdames, Messieurs,

Partant de cette reconnaissance et de l'intérêt de l'Etat pour nos campagnes et notre agriculture, l'Algérie indépendante a fait de ce dossier l'une de ses priorités fondamentales pour le recouvrement de la souveraineté nationale sur son territoire et l'appui au fellah dans ses efforts et sa contribution à la relance économique du pays.

Il est vrai que le secteur de l'agriculture a énormément pâti de la crise qu'a traversée l'Algérie deux décennies en arrière, les difficultés financières ayant contraint l'Etat à se désengager de l'activité agricole sans qu'une alternative suffisante ne soit mise en place. Des difficultés exacerbées par les affres du terrorisme abject et les souffrances engendrées par la tragédie nationale, dont la désertion des campagnes.

Mais, Dieu merci, l'Algérie a pu, après toutes ces épreuves, recouvrer sa stabilité grâce à la concorde civile et à la réconciliation nationale, et elle a su se mobiliser pour mener à bien la reconstruction nationale dans tous les domaines, y compris le secteur névralgique de l'agriculture et du développement rural.

Mesdames, Messieurs,

J'ai veillé, depuis mon investiture à la magistrature suprême dont m'a honoré le vaillant peuple algérien, à placer le secteur de l'agriculture et du développement rural au coeur des priorités de l'Etat.

Aussi, avons-nous mis en place, en 2000, un plan national de développement agricole visant à encadrer le renouveau agricole et à relancer le secteur en encourageant les agriculteurs et en mettant à contribution les initiatives privées à travers la mise en valeur des terres et l'investissement.

Cet intérêt de l'Etat pour la campagne s'est traduit par l'allègement des charges sur les exploitations agricoles collectives, la mobilisation du soutien et des mesures incitatives en faveur de l'activité agricole dans les différentes régions et à la plupart des créneaux, de l'élevage à la céréaliculture en passant par la conservation des forêts ainsi que la redynamisation de l'activité halieutique.

L'effort de l'Etat envers le secteur de l'agriculture s'est consolidée par la révision des lois et règlements en vigueur.

En effet, la loi d'orientation agricole et le texte définissant les modalités d'exploitation des terres agricoles du domaine privé de l'Etat ont donné une impulsion significative à l'activité agricole en garantissant les droits des propriétaires d'exploitations collectives et en mettant en place des jalons clairs pour favoriser l'investissement dans le domaine de l'agriculture.

En couronnement de cet encadrement et de l'intérêt porté par les pouvoirs publics, j'avais annoncé, lors de notre rencontre début 2009, un programme de soutien financier de l'Etat à toutes les filières de l'économie agricole ainsi qu'au développement rural.

Mesdames, Messieurs,

En m'adressant à vous aujourd'hui, je me réjouis des avancées réalisées par l'Algérie, grâce à vous tous, en matière de développement agricole, même si ces accomplissements nécessitent encore davantage d'efforts afin de parvenir à garantir la sécurité alimentaire à notre peuple et à augmenter l'apport de l'agriculture à la croissance nationale et à la diversification de l'économie.

Les résultats enregistrés par le secteur de l'agriculture sont louables compte tenu des difficultés et des entraves entourant cette activité.

En effet, l'agriculture demeure largement tributaire de la pluviométrie en dépit de l'effort consenti par l'Etat pour la construction de barrages, et ce, parce que notre pays est confronté aux changements climatiques et que l'activité agricole nécessite le recours à grande échelle aux techniques modernes en matière d'irrigation et d'économie d'eau.

Par ailleurs, l'économie agricole souffre d'une faible structuration qui expose cette activité fondamentale à la spéculation. Un problème qui doit interpeller et le secteur et ses acteurs pour accorder davantage d'intérêt à leurs cadres, notamment aux chambres et associations professionnelles afin de préserver leurs intérêts et permettre à notre société de bénéficier de l'effort des agriculteurs et du fruit de leur labeur.

A ces lacunes, s'ajoutent le désintérêt des jeunes pour l'activité agricole et le recours insuffisant aux moyens techniques garantis par l'Etat.

Oui, nous notons avec inquiétude le phénomène du vieillissement dans le milieu agricole, et c'est pourquoi nous exhortons nos jeunes à s'intéresser davantage à cette activité lucrative pour les agriculteurs et capitale pour nous tous, en tant que peuple et en tant que pays.

A ce propos, j'appelle l'ensemble des concernés dans l'Etat à promouvoir la formation dans le domaine de l'agriculture et ses filières dans les différents cycles de notre système universitaire et de formation.

J'appelle également les instances en charge du soutien à l'emploi de jeunes à orienter leurs efforts vers le secteur agricole.

J'exhorte aussi notre système bancaire à encourager les exploitations agricoles et les investisseurs dans ce secteur à l'acquisition des moyens modernes, qu'ils soient mécaniques ou à caractère utilitaire.

En évoquant l'agriculture et l'évaluation de sa performance, nous ne devons pas oublier les soucis de l'agriculteur quant à un marché stable et profitable à ses produits tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Il est vrai que l'Etat a initié des mesures pour réguler le marché de certains produits. Néanmoins, l'amélioration de notre produit agricole nécessite aujourd'hui une plus forte participation des industries agroalimentaires à l’exploitation de notre produit agricole afin de couvrir les besoins du marché local, d'une part, et offrir des débouchés au produit agricole, d’autre part.

J'exhorte, à ce titre, les hommes d'affaires et les investisseurs à un plus grand intérêt pour la promotion de nos exportations agricoles.

L’exportation qui, faut-t-il le rappeler, est une activité à part entière nécessitant des capacités et des compétences complémentant le travail des agricultures et contribuant à la préservation des équilibres financiers extérieurs.

Mesdames, messieurs,

A travers ces observations que j’ai jugé opportun de partager avec vous en cette occasion, j'aspire à consolider l'intégration de l'économie nationale, une intégration dont l'agriculture est partie intégrante et dont elle a grandement besoin.

Cette complémentarité entre les différents secteurs de l'économie nationale est à même d'assurer un environnement incitatif pour l'agriculture dans notre pays, un environnement exploitant davantage le potentiel de nos terres immenses et qui élève le rang social des travailleurs et travailleuses ruraux et de l’agriculture en général.

Je veillerai, dans ce sens, à ce que l’Etat soutienne, par toutes ses capacités, l'activité agricole afin de la propulser vers plus de progrès.

Il me plaît, à ce propos, de vous réitérer la nécessite de poursuivre le programme de soutien de l'Etat au secteur agricole dans toutes ses composantes, un programme que je vous ai annoncé en 2009 et que le Gouvernement s'emploiera à continuer sa mise en oeuvre en dépit des contraintes financières actuelles.

Ce soutien constitue, en effet, une reconnaissance constante de l’Algérie envers ses zones rurales et ses agriculteurs qui ont tant apporté à ce pays chaque fois qu'il est confronté à des difficultés ou à des défis.

Ce soutien est également un investissement rentable par notre pays dans un secteur économique vital, fructueux et prometteur en même temps.

Un secteur vital que nous avons oeuvré à consolider pour assurer notre sécurité alimentaire, qui exige de nous davantage d’efforts et d’efficacité.

C’est un secteur rentable également de par l'énorme potentiel d'emploi noble qu’il offre à nos jeunes et sa contribution à l’amélioration des conditions de vie dans nos campagnes.

Prometteur il l’est aussi par sa grande contribution à la diversification de nos exportations partant de l’immensité de nos terres et de la variété de leurs produits agricoles.

Ainsi et au regard de toute l’importance que représente le secteur agricole, j’appelle le Gouvernement à prendre en charge les précieuses recommandations qui sanctionneront, par l’aide de Dieu, les travaux de votre rencontre.

En conclusion, je tiens à souhaiter le plein succès à vos assises au service du développement de notre paysÉ et la consécration de l’Algérie de la fierté et de la dignité à travers toutes ses contrées.

Yaoum El Ilm (la Journée du savoir): Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika (Texte intégral). (APS, 16/04/2018)


"Au nom d'Allah, le Clément et le Miséricordieux,

Que les prières et la paix d'Allah soient sur son Messager,

Mesdames, Messieurs,

C'est désormais pour nous une tradition de célébrer le Savoir en cette journée du 16 avril, de chaque année, qui coïncide avec la disparition du symbole de la renaissance algérienne, l'érudit Cheikh Abdelhamid Ben Badis, qu'Allah le comble de sa Sainte Miséricorde dans son Vaste Paradis.

Notre pays a consacré cet anniversaire pour célébrer le Savoir et la pensée, valoriser la Science et commémorer l’Histoire.

Homme d'exception, Cheikh Abdelhamid Ben Badis, l’éloquent et l’initiateur, a servi et défendu la patrie en diffusant le savoir et la conscience, en expurgeant la religion des croyances archaïques, quasiment enracinées dans les esprits, et en prônant la réconciliation pour se prémunir contre la division et la discorde et faire face à l’oppression coloniale en éclairant l'esprit des jeunes, en mobilisant leur volonté et en les orientant vers le droit chemin pour la réussite de leur vie et l'émancipation de leur pays.

Fier de sa religion, de son amazighité d’origine et de son arabité ancestrale, Cheikh Ben Badis a puisé les hautes valeurs nationales de la civilisation dont les différentes contrées de notre vaste pays ont été le berceau. De toutes ces sources de gloire et de fierté, il s'en est inspiré une méthode de travail, un plan de réforme et une ligne de conduite.

Mesdames, Messieurs,

Le mouvement réformiste engagé par le Cheikh Abdelhamid Ben Badis a été un important catalyseur dans le sursaut du peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté nationale et de son indépendance, pleine et totale.

En effet, il faut rappeler que l’entreprise du Cheikh Ben Badis est venue en réponse à la tentative d'oblitérer notre personnalité et notre identité par un colonisateur célébrant le butin de son centenaire de colonisation.

Cheikh Ben Badis et ses compagnons ont, effectivement, joué un rôle crucial dans la préservation des composantes de notre personnalité nationale, sous tendant ainsi l'oeuvre des mères algériennes dans la préservation de la religion, des traditions et de la personnalité chez les générations découvrant la vie sous l'obscurantisme coloniale et son oppression multiforme.

Aussi, est-il logique qu'un grand nombre de dirigeants de la glorieuse révolution de Novembre et de ses vaillants moudjahidine soit issu des écoles apparues grâce au travail et au combat du Cheikh Abdelhamid Ben Badis et de ses valeureux compagnons.

Partant, l'Algérie indépendante s'est fixée pour mission suprême la réhabilitation de l'ensemble des composantes de notre identité nationale, et poursuivre ainsi le combat du Cheikh Abdelhamid Ben Badis sous l'emblème de l'Etat.

Assidûment et inlassablement, l'Algérie indépendante s'est attelée, tout au long de deux décennies, à la diffusion du savoir et de la connaissance à travers tout le territoire national. Une œuvre entamée dès le début de l'indépendance en dépit du manque de moyens à tous les niveaux.

L'Algérie indépendante a veillé à la mobilisation de tous les moyens juridiques, financiers et humains afin d'ancrer notre Sainte religion dans toutes les régions du pays, au sein de notre peuple et dans nos références juridiques afférents au Livre et la Sunna.

Cependant, l'avènement de la mondialisation et des moyens de communication modernes ainsi que certains évènements ayant secoué le monde musulman et nouvelles idées, ô combien étrangères au peuple algérien, ont graduellement ébranlé notre cohésion idéologique et intellectuelle au point d'affecter la stabilité de l'Algérie et de la faire basculer dans l'enfer du terrorisme et les affres de la tragédie nationale.

Mesdames, Messieurs,

Grâce à Dieu, à la volonté de notre vaillant peuple et à la résistance et aux sacrifices de notre Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l'Armée de la libération nationale (ALN), l'Algérie s'en est sortie en empruntant la voie judicieuse de la Concorde civile et de la Réconciliation nationale, un choix inspiré de notre Sainte religion et de la culture du juste milieu à la promotion de laquelle a oeuvré Cheikh Abdelhamid Ben Badis.

C'est dans la sérénité et la stabilité que l'Algérie s'est réapproprié le legs civilisationnel et culturel du Cheikh Abdelhamid Ben Badiset dans le cadre du programme de reconstruction nationale, que j'ai veillé à lancer avec le soutien de notre vaillant peuple.

Ainsi, nous avons pu multiplier les acquis de notre chère patrie dans les domaines de la science, de la formation et du savoir. Aujourd'hui, le nombre de nos enfants dans les écoles dépasse les huit (8) millions d'élèves et celui de nos étudiants et étudiantes atteindra les deux (2) millions avant la fin de cette décennie. L'Etat mobilise annuellement plus de dix (10) milliards dollars pour l'Enseignement et la Recherche scientifique.

Quant à notre croyance religieuse et son évolution dans son environnement naturel, l'Algérie musulmane veille également à l'encadrement et au soutien de l'action généreuse de notre peuple dans la propagation des mosquées, un travail encadré par l'Etat dans le cadre de la loi et appuyé par nombre de promotions de cadres des Affaires religieuses, formés dans les universités et diplômés des écoles coraniques, que veillent à animer nos augustes Zaouïas qui ont été et demeurent une composante au service de notre religion et de la cohésion de notre société.

En plus de tous ces chantiers, j'ai tenu à apporter une dynamique qui à permis au peuple algérien de s'approprier, dans la sérénité, son amazighité qui, combien même défendue par Cheikh Abdelhamid Ben Badis, a fait l'objet de dissensions, de la part de certains et de manouvres politiciennes, de la part d'autres, à une époque de notre histoire contemporaine.

Mesdames,Messieurs,

En célébrant encore une fois "Yaoum El Ilm", nous sommes en droit de nous enorgueillir des réalisations de l'Algérie pour la consécration du message fondamental pour lequel a milité l'érudit Cheikh Abdelhamid Ibn Badis, le message de l'identité, de l'authenticité et de la modération. Un message qui a contribué au déclenchement de la glorieuse révolution de Novembre.

Un message qui a présidé à la construction et l'édification culturelle, civilisationnelle et spirituelle de l'Algérie. Un message qui, aujourd'hui et demain, doit rester au coeur de notre mobilisation pour l'édification et la préservation de l'Algérie, forte et digne.

Oui, nous réalisons dans notre cher Algérie des réussites dans divers domaines. Ces acquis sont tout à notre honneur en cette conjoncture régionale et civilisationnelle instable et dont les idées dangereuses ne nous ont pas épargné.

En effet, l'unité du peuple algérien sunnite est confrontée, aujourd'hui, à des idées, qui nous sont complètement étrangères et à d'effrayantes thèses religieuses qui ont été, dans un passé très proche, source de Fitna et pourraient encore l'être si elles ne sont pas appréhendées avec clairvoyance.

Par ailleurs, notre pays demeure exposé à la déferlante civilisation occidentale sur le monde d'aujourd'hui. Une civilisation qui nous met devant un double défi, à savoir réussir l'acquisition du savoir et les moyens de développement économique et technique par nos générations montantes et maintenir l'attachement de notre société, tout entière, à ses références spirituelles et civilisationnelles authentiques.

De même que nous devons remporter le pari de la promotion, dans l'Algérie contemporaine, des droits y compris le droit syndical tout en veillant à préserver l'avenir des générations montantes, à réussir la réforme du système éducatif et à ne pas gaspiller les capacités colossales mobilisées par l'Etat pour l'enseignement, la formation et le savoir.

Tels sont aujourd'hui, les valeurs que nous devons mettre en avant et les devoirs auxquels nous devons demeurer attachés pour servir l'Algérie.

Enfin, je prie Dieu de combler l'Algérie de ses bienfaits et de répandre paix, sécurité et sérénité à travers tout son territoire pour un présent serein et apaisé et un avenir prospère et radieux.

Fête de la Victoire (19 mars): Message du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. (APS, 19/03/2018)


"Au nom d'Allah clément et miséricordieux,

"Que les prières et la paix d'Allah soient sur son Messager,

"Mesdames, Messieurs,

Mémorable est la journée qu'a vécue, un 19 mars il y a cinquante-six ans, le peuple algérien dans un même élan de sacrifice pour sa cause juste, un élan digne d'un grand peuple qui a aligné des convois et des convois de vaillants moudjahidine et moudjahidate et sacrifié un million et demi de valeureux Chouhada. Des sacrifices consentis après avoir enduré d'insoutenables épreuves et subi toutes formes de répression, matérielle et morale, par un colonialisme qui ne lésinait pas sur les moyens pour asseoir son hégémonie et imposer sa tyrannie à un peuple libre et à une nation souveraine, spoliant les richesses, asservissant les hommes et œuvrant à oblitérer l'identité nationale.

Durant plus d'un siècle d'occupation, les Algériens ne se sont jamais résignés, ni soumis aux envahisseurs. Leur parcours historique, foisonnant de soulèvements, de révoltes et de luttes, a abouti à une maturité politique qui a forgé une profonde conscience nationale à l'origine du déclenchement d'une grande Révolution, saluée à ce jour par la majorité des peuples du monde et glorifiée par le peuple algérien.

Ce peuple a transformé l'impossible en victoire et changé le cours de l'histoire en affrontant d'égal à égal l'ennemi en dépit d'un déséquilibre de forces. Il a forcé l'admiration du monde entier par sa performance révolutionnaire hissant ainsi sa Révolution au rang d'exemple et de modèle.

Je saisis cette opportunité pour me recueillir, au nom du peuple algérien et en mon nom personnel, à la mémoire de nos glorieux chouhada priant Dieu, Tout-Puissant de les accueillir en Son éternel paradis.

J'adresse, par la même occasion, un message de fraternité et de révérence à mes compagnons moudjahidine et moudjahidate, leur renouvelant mes vœux de santé, de bonheur et de longue vie pour assister à davantage de progrès de notre Algérie indépendante, fruit de leur noble combat.

Mesdames, Messieurs,

Nul besoin de s'étaler ici sur les forfaits et les crimes perpétrés, contre notre peuple, par l'ennemi et ses plans visant à saper notre projet de libération, les pages de l'Histoire étant chargées de ses crimes contre l'humanité, ses crimes de guerre et ses vils complots contre le peuple qu'il a vainement cherché à faire fléchir par l'usage excessif de la force et par des manœuvres politiques et de renseignement.

Le colonialisme n'aurait pas accepté de s'asseoir, d’égal à égal, à la table des négociations sans la constance de la Révolution et la foi de ses dirigeants quant au droit légitime de leur peuple à disposer de lui-même et à arracher l’indépendance.

Aujourd’hui, les Algériennes et Algériens peuvent s'enorgueillir de leur histoire et renouer avec la confiance en soi en étant fiers de leurs exploits et réalisations. Ils doivent protéger ce legs prodigieux car de lui dépend leur grandeur et leur prospérité ainsi que la préservation de leurs droits moraux et matériels.

Mesdames, Messieurs,

L'esprit de la glorieuse Révolution de Novembre a continué à guider l’Algérie vers d'autres victoires après le recouvrement de la souveraineté de notre chère patrie.

En effet, l’esprit de la Révolution de Novembre et l’attachement du peuple algérien à une indépendance complète, non réduite, a conduit l’Algérie à la nationalisation progressive des biens de notre peuple, spoliés par le colonialisme, à commencer par les terres agricoles, les mines et enfin les hydrocarbures, une réalisation accomplie en moins d’une dizaine d’années.

Parallèlement à ces pas vers une totale émancipation économique, l’Algérie a su faire aboutir la libération de sa terre précipitant la fin de la présence militaire, terrestre et maritime, de l'ancienne puissance coloniale.

C’est cet esprit nationaliste élevé qui a présidé au processus de construction et d’édification qui a distingué l’Algérie et transformé une ancienne colonie sous-développée sur tous les plans en un pays prospère en termes de savoir, d’industrialisation et de progrès socio-économique.

Telle est l'Algérie indépendante, fruit de la victorieuse Révolution de Novembre mais également de la fête de la Victoire que nous célébrons aujourd’hui. Cette Algérie qui a su faire entendre sa voix au niveau mondial, devenant la Mecque des opprimés et la locomotive d'une dynamique de consécration d’un nouvel ordre économique mondial, plus juste et plus équitable, une dynamique enclenchée en Algérie et défendue par elle dans le concert des nations.

Il est vrai que l'extraordinaire processus de l’Algérie indépendante a été impacté par des bouleversements économiques mondiaux, puis par une douloureuse tragédie nationale. Néanmoins, le vaillant peuple algérien, toujours mû par l’esprit de Novembre, a su mobiliser ses énergies et forces de lutte et de résistance pour préserver l’Etat algérien indépendant. Les courageux moudjahidine et l’Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), ont eu un rôle crucial dans la consécration de cette résistance et dans la protection de la République Algérienne Démocratique et Populaire.

Et grâce à Dieu, l'Algérie a repris le processus de construction et d'édification en s'inspirant de nos valeurs sacrées pour faire prévaloir la réconciliation sur la Fitna et l'intérêt suprême du pays sur nos intérêts personnels.

Des hommes et des femmes de la génération du glorieux Novembre ont eu à porter, durant deux décennies, le flambeau et à mobiliser les générations de l'indépendance en faveur de l'édification de l'Algérie de la fierté et de la dignité. Une Algérie où l'ignorance recule de plus en plus. Une Algérie devenue une citadelle de stabilité au niveau régional et un espace de prospérité et de développement pour son peuple.

Aujourd'hui, et face aux fluctuations du marché international (du pétrole) qui ont entrainé la perte de la moitié de ses recettes extérieures, l'Algérie s'accommode de la situation et veille, dans le cadre de la souveraineté nationale, à mobiliser ses capacités pour sortir de ce tournant difficile, maintenir le processus d'édification et s'orienter vers une économie affranchie de la dépendance excessive aux hydrocarbures.

Mesdames, Messieurs,

En cette journée de célébration de notre grande victoire, j'exhorte tous les enfants de ma patrie à suivre l'exemple de nos glorieux chouhada et de nos vaillants moudjahidine et à méditer les différents évènements que l'Algérie a surmontés avec succès depuis le recouvrement de notre indépendance et de notre souveraineté nationale.

Notre pays est capable de sortir, indemne et victorieux, de nos difficultés financières actuelles et conjoncturelles.

De même qu'il est nécessaire que notre société continue à promouvoir la culture des droits et des libertés et la préservation de ses intérêts collectifs et suprêmes.

Dans le même ordre d'idées, la scène politique doit connaitre une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir, cependant il est du devoir de tout un chacun de contribuer à ce mouvement démocratique pluraliste en plaçant l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au dessus de toute autre considération.

Mesdames, Messieurs, La fête de la Victoire doit nous inspirer d'autres victoires sur le sous-développement, la régression et la division pour surmonter les crises et les situations difficiles à travers le resserrement des rangs et la mobilisation des énergies et en prenant exemple sur nos glorieux ancêtres pour la préservation de l'unité nationale et la souveraineté de nos décisions, dans tous les domaines, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Félicitations aux enfants de l'Algérie pour cette célébration renouvelée d'une victoire éclatante et félicitations aux moudjahidine et aux moujahidate pour cette journée qu'ils ont marquée par leurs sacrifices.

Gloire à nos valeureux Chouhada

Vive l'Algérie libre et souveraine".

Communiqué du Conseil des Ministres (INTEGRAL). (APS, 14/03/2018)


"Le Président de la République, Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, a présidé ce jour, mercredi 14 mars 2018, correspondant au 26 Djoumada Athani 1439, une réunion du Conseil des Ministres.

A cette occasion, le Conseil des Ministres a d'abord examiné et adopté un projet de loi organique relative aux lois de finances.

Ce texte vise à mettre la législation en la matière, en concordance avec la Constitution qui dispose la promulgation d'une loi organique relative aux lois de finances. Il vise également à moderniser l'assise juridique du budget de l'Etat et à consolider la relation entre le Gouvernement et le Parlement sur ce même dossier.

Ainsi, le projet de loi organique en question prévoit la définition d'un cadre budgétaire triennal mis à jour chaque année, ce qui donnera plus de prévisibilité à la gestion du budget de l'Etat. Le même texte dispose que les différents départements ministériels élaboreront leurs besoins en crédits sur la base de programmes, ce qui permettra une meilleure appréciation des performances réalisées.

Parallèlement, le Gouvernement disposera, selon le projet de loi organique, d'instruments lui permettant de faire face à toute situation imprévue, notamment la possibilité de recourir aux décrets de rattachement de crédits ou même à l'élaboration d'une loi de finances rectificative en cours d'exercice.

Ce même projet de loi organique améliorera aussi la relation entre le Gouvernement et le Parlement autour du dossier du budget de l'Etat, ce qui ajoutera un surcroît de transparence dans la gestion des finances publiques.

Ainsi, le Gouvernement sera tenu à l'avenir de présenter au Parlement, dès le printemps, un rapport sur la conduite en cours des finances publiques. En outre, les délais de présentation de la loi de règlement budgétaire seront graduellement réduits d'un exercice antérieur de trois années actuellement, à un exercice antérieur d'une année seulement.

La mise en œuvre des dispositions contenues dans le projet de la loi organique portant loi de finances exigera d'importants préparatifs préalables. C'est pourquoi, ces nouvelles normes ne seront appliquées qu'à partir de 2022, pour la loi de finances de 2023.

Intervenant à la suite de l'adoption de ce projet de loi organique, M. le Président de la République a relevé qu'il s'agira là d'une importante réforme pour la modernisation des finances publiques, une réforme qui viendra s'ajouter à la numérisation de l'Administration et du Service public ainsi qu'à l'approfondissement de la décentralisation, le tout constituant une part importante de la réforme de l'Etat mise en route depuis quelques années déjà.

Le Président Abdelaziz Bouteflika a instruit le Gouvernement d'entourer la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances de toutes les garanties nécessaires à son succès futur. Il a notamment insisté à cet effet sur l'important effort de formation et de recyclage que ce projet exigera au bénéfice des cadres et agents de l'Etat appelés à mettre en œuvre ces nouvelles dispositions.

Le Conseil des Ministres a ensuite examiné et adopté un projet de loi amendant et complétant la loi de juillet 1963 fixant les fêtes légales.

Cet amendement est destiné à formaliser l'ancrage légal de l'inscription de Yennayer sur la liste des fêtes légales du pays.

Pour rappel, M. le Président de la République avait décidé le 27 décembre dernier, en Conseil des ministres, de décréter Yennayer fête légale, décision qui a déjà été mise en œuvre le 12 janvier dernier par le ministère chargé du Travail.

L'adoption de ce projet de loi a également été l'occasion pour le Président Abdelaziz Bouteflika d'inviter également le Gouvernement à hâter la présentation au Parlement du projet de loi organique relatif à la création de l'Académie de la langue amazighe placée auprès du président de la République, sachant que ce projet de loi organique est déjà à un stade avancé de préparation.

Le Conseil des Ministres a également examiné et adopté quatre décrets présidentiels portant approbation d'avenants à des contrats relatifs à l'exploration et à l'exploitation des hydrocarbures.

Deux de ces avenants amendent des contrats conclus respectivement en 1992 et en 1998 par Sonatrach avec des associés étrangers et ce, en vue de proroger de cinq années la durée d'exploitation du gisement de Ourhoud et de celui d'In Amenas.

Un troisième avenant met à jour le contrat liant Sonatrach et Gaz de France pour tenir compte du changement de dénomination du partenaire sur le champ du Touat, devenu "GDF SUEZ".

Enfin, le quatrième avenant adopté par le Conseil des ministres concerne un contrat de 2014, liant Sonatrach à ENEL, au terme duquel ce partenaire étranger cède la totalité de se parts sur le gisement de "Msari Akabli" à l'entreprise DRAGON OIL, la compagnie nationale conservant 51% des parts dans cette association.

Par ailleurs, le Conseil des ministres a adopté un décret portant déclassement de terres agricoles à l'effet de réaliser onze zones industrielles.

Cette procédure conforme à la loi sur les terres agricoles, libérera des terres domaniales de très faibles productivité agricole et d'ailleurs souvent inexploitées, pour la réalisation de onze zones industrielles respectivement à Didouche Mourad dans la wilaya de Constantine, M'Daourouch dans la wilaya de Souk Ahras, Ouled Gacem et Aïn M'lila dans la wilaya de Oum El Bouaghi, Boukadir dans la wilaya de Chlef, Tizi Ghenif et Draâ El Mizan dans la wilaya de Tizi Ouzou, Dirah dans la wilaya de Bouira, El Aricha dans la wilaya de Tlemcen, El Hassaine dans la wilaya de Mostaganem, et Bethioua dans la wilaya d'Oran.

Les zones industrielles en question font partie d'un ensemble de cinquante nouvelles zones industrielles à réaliser, afin de disséminer l'investissement dans toutes les contrées du pays et de répondre à la demande des investisseurs en fonciers.

Le Conseil des Ministres a conclu ses travaux par l'examen et l'adoption de décisions individuelles de nomination et de fin de fonction à des fonctions supérieures de l'Etat.


AMBASSADE D'ALGERIE 2017